ED Sciences Physiques et de l'Ingénieur
Propriétés structurales et optiques d'émetteurs moléculaires en réseau encapsulés dans des BNNTs, intégrés dans des hétérostructures de dimensions mixtes avec des semi-conducteurs 2D
par Juliette LE BALLE (Laboratoire Photonique, Numérique & Nanosciences)
Cette soutenance a lieu à h00 - Amphithéâtre 1 rue François Mitterrand 33400 Talence
devant le jury composé de
- Etienne GAUFRES - Chargé de recherche - Université de Bordeaux - Directeur de these
- Sofie CAMBRE - Associate Professor - University of Antwerp - Rapporteur
- Hanako OKUNO - Directrice de recherche - Université de Grenoble Alpes, CEA, IRIG-MEM, Grenoble, France - Rapporteur
- Stephane CAMPIDELLI - Directeur de recherche - CEA-IRAMIS - Examinateur
- Yuichiro KATO - Associate Professor - Riken Nanoscale Quantum Photonics Laboratory - Examinateur
- Annick LOISEAU - Directrice de recherche - ONERA LEM - CoDirecteur de these
Cette thèse s'inscrit dans le contexte des nano-matériaux appliqués à l'optoélectronique. Elle consiste à fabriquer et étudier des hétérostructures à dimensions mixtes 0D-1D-2D optiquement actives et stables dans leur environnement. Ces hétérostructures seront visualisées comme l'assemblage de deux éléments : des molécules émettrices (comme le sexithiophène) ou non-émettrice (comme l'anthracène) encapsulées dans des nanotubes de nitrure de bore (Mol@BNNT). Ces derniers permettent de protéger les molécules de l'environnement tout en permettant d'étudier leurs propriétés optiques du fait que les BNNTs sont transparents dans le visible. Le deuxième élément sera des paillettes des matériaux 2D TMDCs exfoliés. Cette thèse sera présentée sous trois angles. Premièrement l'étude de l'effet de l'encapsulation homogène (une seule espèce de molécule) et hétérogène (deux espèces de molécules) sur les propriétés des molécules encapsulées, comme leur émission et leur temps de vie radiatif. Dans un deuxième temps, une étude poussée S/TEM en imagerie (DPC) et analyse chimique (EELS) sera menée sur les Mol@BNNT pour visualiser leur organisation moléculaire selon le diamètre des BNNTs et en fonction du type d'encapsulation (homogène VS hétérogène). Enfin, différentes hétérostructures mixtes seront fabriquées et étudiées à base de WSe2 et MoS2 et de Mol@BNNT issus d'encapsulation homogène (100% 6T ou 100% anthracène) ou hétérogène avec différents ratios d'encapsulation de 6T:Anthracène. Les propriétés optiques de ces hétérostructures seront étudiées à l'aide de photoluminescence, de Raman et analyse des temps de vie de fluorescence.
ED Sociétés, Politique, Santé Publique
Effets de la neurostimulation transcutanée du nerf vague sur le contrôle émotionnel et le fonctionnement exécutif dans le syndrome de Prader-Willi : STIM-PRADER
par Camille NAHON (Laboratoire de Psychologie)
Cette soutenance a lieu à 9h00 - Amphithéâtre Pîtres Amphithéâtre Pîtres Faculté de Psychologie - Université de Bordeaux 3 TER place de la Victoire 33 000 BORDEAUX
devant le jury composé de
- Virginie POSTAL - Professeure des universités - Université de Bordeaux - Directeur de these
- Emilie MONTASTIER - Professeure des universités - praticienne hospitalière - Université de Toulouse - Faculté de Santé - CoDirecteur de these
- Bruno QUINTARD - Professeur des universités - Université de Bordeaux - Examinateur
- Michèle GUIDETTI - Professeure émérite - Université de Toulouse Jean Jaurès - Rapporteur
- Philippe ALLAIN - Professeur des universités - Université d'Angers - Rapporteur
- Maïthé TAUBER - Professeure émérite - Université de Toulouse - Examinateur
Le syndrome de Prader-Willi (SPW) est une maladie génétique rare impliquant de nombreux troubles émotionnels, comportementaux, cognitifs et métaboliques qui affectent considérablement les patients et leurs familles. Il n'existe à ce jour aucune approche thérapeutique globale permettant de couvrir l'ensemble des troubles associés à ce syndrome. Bien que découvert en 1956, des études récentes suggèrent la présence d'une dysautonomie, associée à un déséquilibre du système nerveux autonome assurant le maintien de l'homéostasie (Butler et al., 2023). Le nerf vague joue un rôle central en reliant le système nerveux central au système nerveux périphérique et en innervant la majorité des organes (Brodal, 2010). Le Modèle d'Intégration Neuroviscérale permet d'illustrer l'implication du nerf vague dans la régulation émotionnelle, comportementale, cognitive et physiologique en se basant sur un vaste réseau de neurones et de régions cérébrales réciproquement connectées : le réseau autonome central (Smith et al., 2017 ; Thayer & Lane, 2009). Seules deux études pilotes (Manning et al., 2016, 2019) ont utilisé un dispositif de neurostimulation transcutanée du nerf vague (aVNT) afin d'en évaluer les effets sur les difficultés associées au SPW. Des résultats prometteurs ont notamment été rapportés sur les accès de colère caractéristiques du syndrome. Compte tenu du lien entre les troubles du comportement et les difficultés émotionnelles dans le SPW (Nahon et al., soumis) et du potentiel modulateur de l'aVNT rapporté dans la littérature, cette thèse a pour objectif d'évaluer la sécurité, la faisabilité et l'efficacité de sessions quotidiennes d'aVNT à raison de 4 heures par jour pendant 9 mois. Vingt-quatre adultes atteints du SPW et 24 de leurs proches aidants ont participé à cet essai contrôlé randomisé multicentrique en simple aveugle, constituant la première étude longitudinale à inclure une condition contrôle de stimulation fictive (Nahon et al., en révision). Les analyses groupales et individuelles ont porté sur des mesures répétées du contrôle émotionnel et sur différents questionnaires, tests et tâches cognitives administrés tous les trois mois. L'objectif était d'évaluer l'effet de l'aVNT sur la régulation émotionnelle, le dysfonctionnement exécutif, l'hyperphagie, la dépression et la qualité de vie. Aucun événement indésirable grave n'a été observé tandis que la faisabilité du protocole s'est avérée modérée (difficultés à maintenir l'électrode et durée de stimulation quotidienne importante), conduisant à un taux d'attrition élevé (67 %) avec seulement 8 personnes complétant entièrement le protocole. Bien que ces éléments conduisent à une interprétation prudente, les analyses ont mis en évidence une amélioration significative du contrôle émotionnel lors de la phase de post-traitement, survenant au 9ème mois, uniquement dans le groupe ayant bénéficié de la stimulation active. Ces résultats soutiennent l'hypothèse d'un effet progressif et positif de l'aVNT sur la régulation émotionnelle. Une diminution des répercussions fonctionnelles du dysfonctionnement exécutif rapportée seulement par les proches aidants a également été observée dans le groupe stimulation et ce, dès le 3ème mois du protocole. En revanche, aucune amélioration significative n'a été mise en évidence concernant les fonctions exécutives mesurées par des tâches cognitives informatisées (inhibition, flexibilité, mise à jour des informations en mémoire de travail et planification), les symptômes dépressifs, l'hyperphagie ou la qualité de vie. Néanmoins, les effets tendanciels et les tailles d'effet importantes observées pour ces trois dernières dimensions pourraient refléter un manque de puissance de l'étude lié au taux d'attrition élevé. Cette thèse apporte des résultats encourageants en faveur de l'aVNT chez les personnes atteintes du SPW. Les limites méthodologiques et les adaptations nécessaires à cette population sont discutées pour orienter les recherches futures.