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Soutenances du 30-04-2026

1 soutenance à ED Sciences de la Vie et de la Santé

Université de Bordeaux

ED Sciences de la Vie et de la Santé

  • Évaluation de l'impact des maladies de dépérissement de la vigne sur le rendement, la composition des baies et le profil sensoriel des vins. Cas de l'esca et du court-noué

    par Coralie DEWASME (Ecophysiologie et Génomique Fonctionnelle de la Vigne)

    Cette soutenance a lieu à 9h00 - Amphithéâtre ISVV ISVV, 210 chemin de Leysotte, 33882 Villenave d'Ornon

    devant le jury composé de

    • Grégory GAMBETTA - Professeur - Bordeaux Sciences Agro - Directeur de these
    • Florence FONTAINE - Professeure - Université de Reims Champagne-Ardenne - Rapporteur
    • Jean-Sébastien REYNARD - Chargé de recherche - Agroscope - Rapporteur
    • Cécile COULON-LEROY - Maîtresse de conférences - Ecole Supérieure des Agricultures (ESA) - Examinateur
    • Martin TEICHMANN - Professeur - Inserm - Examinateur
    • Jörg SCHAFER - Professeur des universités - Université de Bordeaux - Examinateur

    Résumé

    La production viticole destinée à l'élaboration du vin consiste à trouver l'équilibre optimal entre rendement et le potentiel qualitatif des raisins en fonction du produit final souhaité. La réalisation de ces objectifs est influencée, en particulier, par un environnement de facteurs abiotiques et biotiques. L'effet des facteurs abiotiques a été largement étudié et, parmi les facteurs biotiques, de nombreux travaux ont porté sur les bioagresseurs qui n'affectent pas les parties pérennes du cep, tels que le mildiou ou l'oïdium. En revanche, les données de nuisibilité des maladies de dépérissement - incluant les pertes de rendement, les modifications de la composition des baies et du profil des vins - sont plus rares. Parmi les différentes maladies de dépérissement, les travaux menés dans cette thèse se focalisent sur l'esca et le court-noué. En s'appuyant sur des données récoltées dans le Bordelais à différentes échelles allant du cep à la parcelle puis à l'appellation (représentant un petit territoire de quelques milliers d'hectares), les travaux menés ont permis d'apporter des améliorations méthodologiques ainsi que des données quantifiées pour l'étude de l'impact de ces deux maladies. Ainsi, nos travaux ont montré que la prévalence du court-noué était sous-estimée dans la région. D'après notre étude, au moins 83 % des parcelles présentent au moins un cep contaminé, quels que soient l'âge ou le cépage considérés. Les pertes de récolte des ceps atteints d'esca et de ceux contaminés par les virus du court-noué ont été mesurées sur une période de cinq à sept ans. Selon la maladie et l'historique ou le faciès des symptômes, ces pertes de récolte s'élèvent entre 28 % et 97 % par rapport à des ceps indemnes. En complément, le potentiel qualitatif des baies a été évalué ; les résultats révèlent de faibles différences entre les ceps sains et ceux atteints d'esca ou de court-noué. Toutefois, l'étude d'un large panel de vins a mis en évidence des différences dans l'évolution des profils sensoriels de ceux issus de ceps atteints d'esca, au cours de leur vieillissement. L'impact négatif de l'esca sur les vins est peu, voire pas perceptible sur des vins jeunes, mais s'amplifie avec la durée de conservation. En vieillissant, les vins issus de raisins de ceps ayant exprimé des symptômes esca l'année des vendanges présentent une évolution plus rapide de leur couleur, ainsi qu'une diminution du fruité, de la complexité, de l'intensité tannique et de la qualité des tannins. Enfin, notre étude a montré la difficulté d'associer la mortalité observée au vignoble à l'une ou l'autre des maladies étudiées. Afin de répondre à cet enjeu, un suivi fin des différentes maladies sur les mêmes parcelles et sur un temps long de cinq à dix ans, permettrait de déterminer l'origine de la mortalité. Les méthodologies mises en œuvre dans cette thèse pourraient être transposées à d'autres cépages, dans d'autres régions françaises, afin d'avoir une vision plus représentative de l'impact de ces maladies à l'échelle nationale voire à d'autres viroses. D'ores et déjà, les résultats obtenus permettent d'améliorer les préconisations faites aux viticulteurs tant en matière de gestion des ceps que de leur récolte. Plus largement, les résultats acquis pourront servir de base pour une étude technico-économique des leviers de gestion de ces dépérissements.