ED Sciences de la Vie et de la Santé
Mémoire de peur dans le cortex cingulaire antérieur
par Sarra GUEHAIRIA (Institut Interdisciplinaire de Neurosciences)
Cette soutenance a lieu à 14h00 - Amphi BROCA Université de Bordeaux IINS - UMR 5297 - Bât. Neurocampus 146 rue Léo Saignat
devant le jury composé de
- Philipe ISOPE - Directeur de recherche - CNRS strasbourg - Rapporteur
- Daniela POPA - Directrice de recherche - Institut de biologie de l'ENS (IBENS) - Rapporteur
- Julien COURTIN - Chargé de recherche - Équipe Apprentissage associatif des circuits neuronaux (Herry), Neurocentre-Magendie,INSERM, Bordeaux, France - Examinateur
- Aude PANATIER - Directrice de recherche - Équipe Relations neurone-glie (Oliet), Neurocentre-Magendie,INSERM, Bordeaux, France - Examinateur
La mémoire permet aux animaux et aux humains d'exploiter leurs expériences passées pour guider leurs comportements futurs et s'adapter à des environnements changeants. Les neurosciences contemporaines considèrent de plus en plus la mémoire comme un système prédictif, capable d'extraire des régularités de l'expérience afin d'anticiper les événements à venir et de préparer des réponses adaptées. Cette fonction prédictive repose en grande partie sur l'encodage de la structure temporelle des événements, qui informe non seulement sur ce qui s'est produit, mais aussi sur le moment attendu de son occurrence. Les informations temporelles constituent ainsi une composante essentielle de la mémoire et jouent un rôle déterminant dans le contrôle du comportement. L'apprentissage de la peur offre un cadre expérimental privilégié pour étudier la prédiction temporelle. Lors du conditionnement contextuel, les animaux apprennent qu'un contexte spécifique prédit la survenue d'un stimulus inconditionnel aversif, tel qu'un choc électrique. Ils acquièrent également des informations précises sur le timing de ce stimulus au fil des répétitions. Cette carte temporelle influence fortement l'expression des réponses défensives, notamment l'immobilisation. Lors du rappel, certains animaux se figent immédiatement à l'entrée dans le contexte, traduisant une stratégie contextuelle, tandis que d'autres présentent une immobilisation retardée, alignée sur le moment attendu du stimulus aversif, suggérant une stratégie temporelle. Cette variabilité comportementale souligne l'importance du traitement du temps dans la mémoire de la peur et suggère l'existence de calculs neuronaux distincts. Les souvenirs de peur sont stockés dans des ensembles neuronaux distribués, appelés engrammes mnésiques, qui s'activent lors de l'apprentissage et du rappel. Chaque rappel rouvre une fenêtre de reconsolidation durant laquelle la mémoire peut être modifiée, renforcée ou affaiblie. Ce processus est particulièrement pertinent pour les régions corticales impliquées dans l'expression à long terme de la mémoire, telles que le cortex cingulaire antérieur (ACC). Des travaux récents indiquent que les engrammes corticaux évoluent au fil du temps et que les rappels successifs peuvent stabiliser ou remodeler leurs dynamiques d'activation. Bien que l'ACC, composante du cortex préfrontal médian, soit reconnue comme une région clé d'intégration, son rôle précis dans la prédiction temporelle de la menace reste mal compris. Une question centrale concerne le rôle des neurones sensibles au stimulus inconditionnel dans l'ACC. Ces neurones, activés préférentiellement lors de l'événement aversif, pourraient constituer une composante essentielle de l'engramme cortical de la peur. Leur réactivation lors de rappels récents et distants pourrait révéler comment les traces mnésiques aversives évoluent dans le temps et comment l'historique de rappel influence leur stabilité. Ma thèse vise à combler ces lacunes en combinant imagerie calcique longitudinale et analyse comportementale fine afin d'examiner comment l'ACC encode et met à jour les prédictions temporelles de danger. Elle étudie également l'impact de l'historique des rappels sur la dynamique des populations neuronales de l'ACC, leur couplage au comportement et la stabilité des ensembles réactifs au stimulus aversif. Ces travaux cherchent à clarifier le rôle de l'ACC dans la régulation de la peur, la prédiction temporelle et l'organisation à long terme des engrammes de mémoire aversive.
ED Sciences Physiques et de l'Ingénieur
Modélisation de la susceptibilité de chaînes de composants électroniques face à des Interférences Électromagnétiques Intentionnelles
par Antoine DUGUET (Laboratoire de l'Intégration du Matériau au Système)
Cette soutenance a lieu à 9h45 - Amphithéâtre Jean-Paul Dom Laboratoire IMS, 351 Cours de la libération Bâtiment A31 33400 Talence
devant le jury composé de
- Tristan DUBOIS - Maître de conférences - Université de Bordeaux - Directeur de these
- Guillaume ANDRIEU - Maître de conférences - Université de Limoges - Rapporteur
- Fabrice CAIGNET - Professeur des universités - Université de Toulouse - Rapporteur
- José LOPES ESTEVES - Ingénieur de recherche - ANSSI - Examinateur
- Geneviève DUCHAMP - Professeure émérite - Université de Bordeaux - CoDirecteur de these
- Jean-Baptiste BéGUERET - Professeur des universités - Université de Bordeaux - Examinateur
L'internet des Objets (IoT) peut être défini comme la mise en réseau d'objets connectés intégrant capteurs, actionneurs et interfaces sans fil. Cette structure leur permet d'interagir avec leur environnement physique et d'échanger des données avec le monde numérique via une connexion à Internet. Aujourd'hui, ces objets électroniques sont constitués de produits informatiques standards ce qui les rend vulnérables face à des sources d'interférences électromagnétiques intentionnelles (IEMI) de plus en plus accessibles au grand public. Des études antérieures ont montré que ces sources d'interférences peuvent produire divers effets sur une cible électronique, allant jusqu'à la manipulation de son comportement s'apparentant à du piratage. À ce jour, l'étude de ce scénario d'attaque électromagnétique se limite à des approches expérimentales en conditions de laboratoire. Or, dans une démarche de déploiement de ce type d'étude, l'approche par simulation de la susceptibilité des objets électroniques sera préférée. Ces travaux de thèse proposent quelques éléments pour mettre en œuvre une méthodologie de modélisation de la susceptibilité des objets électroniques face à des IEMI. Dans un premier temps, la susceptibilité d'un objet électronique développé spécifiquement pour cette étude est explorée par le biais d'injections de signaux d'interférences rayonnés et conduits. Puis, la susceptibilité d'une chaîne de composants électroniques analogiques est caractérisée et modélisée par l'utilisation du modèle ICIM-CI (Integrated Circuits Immunity Model – Conducted Immunity) et d'un modèle de couplage champ à piste basé sur la théorie des lignes de transmission. Durant cette étude, le modèle ICIM-CI, généralement employé pour la modélisation de la susceptibilité de composants face à des signaux d'interférence purement sinusoïdaux, a été étendu à des signaux modulés en amplitude s'apparentant à des formes d'onde émises par des sources d'IEMI.