ED Sociétés, Politique, Santé Publique
Santé mentale des étudiants de premier cycle universitaire : une approche multicomposante expérientielle, articulant bien-être, détresse psychologique et ressources développementales.
par Sophie HUGUET (Laboratoire Cultures, Education, Sociétés)
Cette soutenance a lieu à 14h00 - Salle de Soutenance Campus de Pessac - SMART 12 Av. Camille Jullian 33600 Pessac
devant le jury composé de
- Magali BOIZUMAULT - Maîtresse de conférences - Inspe de Bordeaux - Directeur de these
- Fabien FENOUILLET - Professeur des universités - Université de Nanterre - Rapporteur
- Damien TESSIER - Maître de conférences - INSPE de Grenoble - Rapporteur
- Rebecca SHANKLAND - Professeure des universités - Université Lyon 2 - CoDirecteur de these
- Hélène HAGEGE - Professeure des universités - INSPE Limoges - Examinateur
- Julien MASSON - Professeur des universités - ISPEF - Université Lyon 2 - Examinateur
La santé mentale des étudiants de premier cycle universitaire constitue un enjeu majeur de santé publique et un champ central en psychologie de l'éducation et du développement. Cette période de transition vers l'enseignement supérieur est marquée par une augmentation des niveaux de stress, d'anxiété et de symptômes dépressifs, ainsi que par une forte hétérogénéité des trajectoires d'adaptation psychologique et académique. Si de nombreux travaux ont documenté la détresse psychologique étudiante, une approche centrée exclusivement sur les difficultés apparaît insuffisante pour rendre compte de la complexité des expériences étudiantes et orienter des actions de prévention durables. Cette thèse adopte une approche intégrative de la santé mentale étudiante, articulant détresse psychologique et bien-être, envisagé comme un construit multidimensionnel à partir du modèle PERMA (émotions positives, engagement, relations, sens et accomplissement). Elle s'appuie sur le modèle des compétences de régulation émotionnelle adaptative (Adaptive Coping with Emotions – ACE), conceptualisées comme des ressources développementales centrales à la période de l'adulte en émergence. La régulation émotionnelle est envisagée comme un ensemble de compétences spécifiques et modifiables, susceptibles de contribuer au bien-être psychologique et au fonctionnement académique, sans être appréhendées comme un déterminant unique de l'adaptation universitaire. Au-delà des compétences émotionnelles, la thèse intègre d'autres déterminants de l'adaptation universitaire, tels que l'engagement académique, la procrastination et certains comportements de santé, notamment le sommeil et la pratique d'activités physiques. Ces dimensions sont considérées comme des indicateurs complémentaires du fonctionnement académique, permettant d'appréhender la manière dont la santé mentale et le bien-être s'expriment dans l'expérience universitaire. Le travail repose sur quatre études complémentaires menées auprès d'étudiants de deuxième année de licence inscrits dans deux filières contrastées, les sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS) et le droit. Ce choix permet d'inscrire l'analyse de la santé mentale dans des contextes de formation différenciés, tout en conservant une relative homogénéité développementale. La première étude explore les relations entre régulation émotionnelle adaptative, détresse psychologique et adaptation universitaire, en examinant le rôle médiateur du bien-être multidimensionnel dans l'association entre stratégies de régulation émotionnelle et engagement académique, dans une perspective corrélationnelle. La deuxième mobilise une analyse en réseau afin d'explorer les interactions entre régulation émotionnelle, bien-être, détresse psychologique et pratique d'activités physiques. La troisième identifie des profils latents combinant compétences de régulation émotionnelle et détresse psychologique, caractérisés par leurs niveaux de bien-être et leur répartition selon le sexe et le domaine d'études. Enfin, la quatrième étude évalue les effets, à court et moyen terme, d'une intervention psychoéducative intégrée au cursus universitaire sur la détresse psychologique et le bien-être, en analysant les évolutions de la régulation émotionnelle, de l'engagement académique, de la procrastination et de certains comportements de santé. Dans son ensemble, cette thèse met en évidence le rôle central des compétences de régulation émotionnelle adaptative et du bien-être multidimensionnel dans la compréhension de la santé mentale étudiante. Elle souligne l'intérêt d'approches multicomposantes et de dispositifs psychoéducatifs expérientiels intégrés au cursus pour soutenir les compétences d'adaptation et le bien-être des étudiants de premier cycle, dans une perspective préventive et développementale attentive aux contextes de formation universitaires.