ED Sociétés, Politique, Santé Publique
Hétérogénéité des parcours de soins et inégalités d'accès aux soins à la phase aigüe et en aval d'un épisode de syndrome coronarien aigu ST+
par Emilie LESAINE (Bordeaux Population Health Research Center)
Cette soutenance a lieu à 14h00 - Salle de conférence Université de Bordeaux, CARF : centre d'appui à la recherche et de formation, 146 rue Léo Saignat 33000 Bordeaux
devant le jury composé de
- Florence SAILLOUR-GLENISSON - Praticienne hospitalière - Université de Bordeaux - Directeur de these
- Frederic LAPOSTOLLE - Professeur des universités - praticien hospitalier - Assistance Publique – Hôpitaux de Paris - Rapporteur
- Sandrine CHARPENTIER - Professeure des universités - praticienne hospitalière - CHU de Toulouse - Rapporteur
- Pierre COSTE - Professeur - Université de Bordeaux - Examinateur
- Marie MOITRY - Praticienne hospitalière - CHU Strasbourg - Examinateur
- Jérome WITTWER - Professeur - Université de Bordeaux - Examinateur
Le syndrome coronarien aigu avec sus-décalage du segment ST (SCA ST+) constitue une urgence cardiovasculaire dont le pronostic dépend étroitement de la rapidité et de la qualité de la prise en charge. La réduction des délais entre l'apparition des symptômes et la revascularisation représente un enjeu pronostique majeur, justifiant la mise en place de filières de soins structurées. Toutefois, malgré l'existence de recommandations internationales et d'organisations dédiées, la prise en charge demeure hétérogène et des marges d'amélioration subsistent. Dans le contexte français, les parcours de soins des patients victimes d'un SCA ST+ demeurent encore insuffisamment documentés. Des zones d'ombre subsistent, notamment concernant les étapes clés susceptibles d'altérer l'orientation optimale des patients, tant en phase aigüe, qu'en phase d'aval, ainsi que les facteurs sociaux et territoriaux susceptibles d'interférer à chacune de ces étapes. Par ailleurs, les effets d'une crise sanitaire sur l'organisation et le fonctionnement de cette filière demeurent peu explorés. Une meilleure compréhension des mécanismes en jeu faisant varier la prise en charge des patients est indispensable pour adapter les politiques de santé. Ce travail de doctorat vise à contribuer à combler ces lacunes, en mobilisant les données observationnelles exhaustives des registres REANIM et ACIRA en Aquitaine sur la période 2017-2021. Il a pour objectifs de caractériser les parcours de soins des patients victimes d'un SCA ST+, du début des symptômes à la réadaptation cardiaque, d'analyser les déterminants sociaux et territoriaux de santé susceptibles d'influencer les étapes clés de ces parcours en France, et d'évaluer la résilience de la filière dans le contexte de la crise sanitaire liée à la pandémie de COVID-19. Les résultats ont mis en évidence des points de rupture susceptibles de compromettre l'orientation optimale des patients à trois étapes clés du parcours de soins des patients victimes d'un SCA ST+ : - Le recours initial au SAMU-Centre 15, sollicité par seulement trois quarts des patients ; - La décision de régulation médicale, avec un déclenchement du SMUR pour seulement trois quarts des patients ayant appelé le SAMU ; - L'accès à la réadaptation cardiaque, limité à un tiers des patients ayant bénéficié d'une angioplastie coronaire dans l'année suivant un SCA. Par ailleurs, des inégalités sociales et territoriales marquées ont été observées dans l'accès aux soins pour un SCA ST+ en France, tant en phase aiguë qu'en phase d'aval, malgré un système de santé à couverture universelle. A la phase aigüe, les patients résidant dans des communes défavorisées, ainsi que certains profils de patients, notamment les femmes, les personnes âgées et les habitants de zones péri-urbaines, présentaient des modalités d'accès aux soins moins optimales et des délais de prise en charge allongés. En phase d'aval, l'accès à la réadaptation cardiaque dans les trois mois suivant un SCA était en partie dépendant de facteurs géographiques, notamment de la distance entre le domicile des patients et les structures spécialisées. L'analyse de l'impact de la première vague de COVID-19 a apporté un éclairage original sur la résilience de la filière SCA ST+, en montrant la capacité du système de santé à maintenir globalement la qualité de la prise en charge dans un contexte de crise sanitaire, y compris pour les populations les plus vulnérables. Ces travaux ouvrent des perspectives intéressantes, tant en matière d'actions en santé publique que de recherche. Ils soulignent notamment l'importance d'intégrer des méthodes complémentaires d'analyse des trajectoires de soins, l'intérêt des variables écologiques existantes pour l'étude des inégalités sociales et territoriales de santé, ainsi que la nécessité de développer des approches mixtes afin de mieux comprendre les mécanismes à l'origine de ces inégalités d'accès aux soins.
Enseigner la danse à l'école maternelle : entre émotions et bien-être
par Laetitia ROSMANN (Laboratoire Cultures, Education, Sociétés)
Cette soutenance a lieu à 14h00 - Salle A Université de Bordeaux, Faculté des STAPS, Campus Rocquencourt, Bâtiment R2 "Rougier", 12 avenue Camille Jullian, 33607 Pessac
devant le jury composé de
- Florence DARNIS - Maîtresse de conférences émérite - INSPÉ de l'académie de Bordeaux - Site de Gironde - Directeur de these
- Sophie NECKER - Maîtresse de conférences - Université de Lille - Examinateur
- Eric DUGAS - Professeur des universités - Université de Bordeaux - Examinateur
- Fabien BACRO - Maître de conférences - Université de Nantes UFR Psychologie UR 4638 Laboratoire de Psychologie des Pays de la Loire - Rapporteur
- Gaëlle ESPINOSA - Professeure des universités - Université de Lorraine Campus Lettres et Sciences Humaines à Nancy - Rapporteur
- Pascal LEGRAIN - Professeur émérite - Université de Bordeaux - Campus de Pessac - Examinateur
Le bien-être subjectif défini par Diener (1984) comme une évaluation cognitive et affective de sa propre vie, est désormais reconnu comme un levier important dans la réussite scolaire. Pourtant chez les enfants de l'école maternelle, cette dimension semble peu explorée. Cette thèse s'inscrit dans une approche interactionniste du développement selon laquelle les apprentissages, le langage, le bien-être subjectif se construisent dans les interactions entre l'enfant et l'environnement scolaire. Deux objectifs complémentaires sont ici poursuivis. Le premier consiste à adapter et à valider une échelle de bien-être subjectif existante (Guimard et al., 2014) aux élèves de 5 à 6 ans en y intégrant une dimension motrice. Le second vise à étudier les mécanismes par lesquels un dispositif collaboratif – entre un enseignant du premier degré et une chercheuse − de type expérimentation par conception (Brown, 1992) −, influence à la fois les acquisitions motrices en danse et le bien-être subjectif à l'école. Ce dispositif associe danse de création, album sur les émotions (joie, colère et peur) et travail en dyade paritaire. Il crée un espace d'expression corporelle et verbale étayé par l'enseignante. Une méthodologie mixte a été mise en œuvre, combinant un questionnaire de bien-être, une grille d'analyse de la motricité en danse et une analyse compréhensive des échanges au sein des dyades associée à des entretiens individuels. Les résultats montrent un effet modéré du dispositif sur le bien-être des enfants et un effet significatif sur la motricité des élèves en danse. L'analyse qualitative met en évidence le rôle des interactions langagières en dyades et du langage métaphorique dans la construction du mouvement, ainsi que l'influence du regard évaluatif dans l'expérience émotionnelle des élèves. Ces résultats contribuent à une meilleure compréhension des liens entre activité corporelle, interactions sociales et bien-être subjectif à l'école maternelle. Mots clés: danse créative – école maternelle – émotions positives – interactions langagières − bien-être subjectif