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Soutenances du 10-11-2026

1 soutenance à ED Sciences Chimiques - 1 soutenance à ED Droit

Université de Bordeaux

ED Sciences Chimiques

  • Développement d'une approche de nano-imagerie corrélative en conditions cryogéniques des métaux et des protéines, combinant fluorescence X synchrotron et fluorescence optique : application à l'étude de la neurotoxicité des métaux

    par Ines KELKOUL (Laboratoire de Physique des 2 Infinis de Bordeaux)

    Cette soutenance a lieu à 10h00 - Salle des séminaires Marie Curie Laboratoire de physique des 2 infinis de Bordeaux, 19 chemin du Solarium, 33170 Gradignan

    devant le jury composé de

    • Asuncion CARMONA - Chargée de recherche - CNRS / Université de Bordeaux - Directeur de these
    • Sylvain BOHIC - Chargé de recherche - INSERM / Université de Grenoble - ESRF - Rapporteur
    • Sandra MOUNICOU - Directrice de recherche - CNRS / Université de Pau et des Pays de l'Adour - Rapporteur
    • Yann FICHOU - Chargé de recherche - CNRS / IECB / CBMN / Université de Bordeaux - Examinateur
    • Géraldine SARRET - Directrice de recherche - CNRS / Institut des Sciences de la Terre / Université Grenoble Alpes - Examinateur
    • Richard ORTEGA - Directeur de recherche - CNRS / LP2ib - Examinateur

    Résumé

    Les métaux tels que le manganèse, le mercure et le cadmium sont des neurotoxiques reconnus, mais les mécanismes cellulaires et subcellulaires par lesquels ils altèrent la fonction neuronale restent mal caractérisés. Une des limites majeures des approches existantes est l'absence de méthodes permettant de localiser un élément métallique à l'échelle nanométrique tout en l'associant sans ambiguïté à une structure subcellulaire identifiée (organite, synapse, compartiment membranaire) dans une cellule proche de son état natif. Ce travail de thèse a consisté à développer et appliquer une approche d'imagerie corrélative combinant la fluorescence X induite par rayonnement synchrotron (SXRF) et la microscopie de fluorescence optique, réalisée en conditions cryogéniques sur des neurones hippocampiques primaires cultivés sur membranes de nitrure de silicium. La cryofixation permet de préserver la distribution native des éléments chimiques et l'intégrité ultrastructurale des cellules, tandis que le marquage fluorescent (protéines fusionnées, immunomarquage, sondes vitales) apporte l'information de spécificité structurale nécessaire à l'interprétation des cartographies élémentaires. Les acquisitions SXRF ont été réalisées sur les lignes ID16A et ID21 de l'ESRF et sur la ligne Nanoscopium de SOLEIL, avec une résolution spatiale pouvant atteindre 15 nm, autorisant l'analyse d'organites et de structures individuelles telles qu'une épine dendritique ou une mitochondrie isolée. Cette méthodologie a été appliquée à l'étude de la neurotoxicité de trois métaux sur des neurones hippocampiques primaires de rat (E18) exposés pendant 24 heures. Le manganèse s'accumule préférentiellement dans l'appareil de Golgi et au niveau des compartiments post-synaptiques, un résultat qui éclaire les mécanismes cellulaires de sa toxicité et a des implications pour la révision des recommandations sanitaires internationales. Le mercure a été localisé dans les épines dendritiques, apportant un premier élément de compréhension de son impact sur la structure et la fonction synaptiques. Pour le cadmium en revanche, aucune accumulation n'a été détectée dans les quatre compartiments subcellulaires étudiés (mitochondries, réticulum endoplasmique, lysosomes, densité post-synaptique), un résultat négatif qui est lui-même informatif et oriente les hypothèses vers d'autres cibles subcellulaires ou vers une distribution diffuse de l'élément. En parallèle, l'observation de varicosités axonales a été discutée comme signe possible de dégénérescence ou, à l'inverse, de réponse adaptative à l'exposition métallique. Au-delà des résultats biologiques, ce travail montre que l'apport principal de l'approche développée réside dans sa capacité à relier une information chimique quantitative à une structure biologique unique et identifiée, à une échelle inaccessible aux méthodes de bio-imagerie élémentaire conventionnelles. Les limites méthodologiques et expérimentales de l'approche sont discutées, de même que les perspectives d'amélioration technique et d'extension à d'autres métaux et modèles cellulaires. L'ensemble de ces travaux contribue ainsi à la fois au développement méthodologique de l'imagerie corrélative cryo-SXRF/fluorescence et à une meilleure compréhension de la neurotoxicité des métaux à l'échelle subcellulaire.

ED Droit

  • La protection internationale des indications géographiques agroalimentaires européennes

    par Lise BERNARD (CENTRE DE RECHERCHES ET DE DOCUMENTATION EUROPÉENNES ET INTERNATIONALES)

    Cette soutenance a lieu à 14h00 - Salle des thèses Université de Bordeaux, campus Montesquieu (Pessac), bâtiment C1, rez-de-chaussée, salle des thèses.

    devant le jury composé de

    • Loïc GRARD - Professeur des universités - Université de Bordeaux - Directeur de these
    • Richard OUELLET - Professeur des universités - Université Laval - CoDirecteur de these
    • Cécile RAPOPORT - Professeure des universités - Université de Rennes - Rapporteur
    • Théodore GEORGOPOULOS - Professeur des universités - Université de Reims - Rapporteur
    • Mathilde FRAPPIER - Professeure des universités - Université de Lorraine - Examinateur
    • Olivier DELAS - Professeur des universités - Université Laval - Examinateur

    Résumé

    L'Union européenne (ci-après, UE) protège plus de 3500 dénominations couvrant des produits agroalimentaires ainsi que des vins et spiritueux, sur son territoire, grâce à un arsenal juridique complet à travers les indications géographiques (ci-après, IG). Les labels associés, fondés sur la valorisation de l'origine, de la qualité et du savoir-faire, constituent un instrument économique et culturel de premier plan. Toutefois, l'efficacité de ce système trouve ses limites au-delà du territoire de l'Union européenne. De nombreuses dénominations européennes, telles que le Camembert de Normandie, le Jambon de Parme ou la Feta, sont utilisées librement dans certains États tiers, notamment dans les pays du Nouveau Monde, où prévaut une conception sensiblement différente de la protection de ces signes distinctifs. L'UE poursuit dès lors un objectif d'extension de son système de protection sui generis, afin d'obtenir la reconnaissance de ses IG à l'étranger et de faire qualifier les usages concurrents d'usurpations. Dans cette perspective, la thèse s'interroge sur la stratégie juridique déployée par l'Union européenne pour assurer la protection de ses indications géographiques sur le territoire des États tiers. Elle démontre, dans un premier temps, que les cadres multilatéraux existants, qu'il s'agisse du système de l'Organisation mondiale du commerce, de l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle ou d'autres instruments onusiens, n'assurent qu'une protection limitée aux indications géographiques européennes. Cette protection demeure en effet sensiblement moins contraignante et moins englobante que celle garantie au sein de l'ordre juridique de l'Union européenne, en dépit de l'ambition affichée d'objectiver leur reconnaissance à l'échelle internationale. Face à cette insuffisance structurelle du droit international, l'UE a opéré un tournant stratégique en faisant des IG une condition sine qua non de la conclusion de ses accords de libre-échange. Depuis une quinzaine d'années, l'inscription des IG dans les accords commerciaux régionaux (ci-après, ACR) est ainsi devenue un élément central de la politique commerciale extérieure de l'UE. Dans un second temps, la thèse analyse les modalités concrètes de cette stratégie. Il apparaît que l'UE adopte une démarche pragmatique et sélective dans le choix de ses partenaires commerciaux, privilégiant les États à l'égard desquels elle dispose d'une marge de négociation suffisante pour promouvoir son modèle de protection. L'étude des ACR récents révèle ainsi une double logique : une intransigeance de principe quant à la protection des dénominations européennes, conjuguée à une flexibilité dans les modalités de mise en œuvre et dans la sélection des produits protégés. Cette adaptation témoigne d'une nécessaire sécurisation subjectiviste des IG, tenant compte des contextes juridiques, économiques et culturels propres à chaque partenaire. Cette stratégie produit des effets éminemment positifs pour l'UE. La multiplication et l'articulation des accords commerciaux permettent une extension progressive et réticulaire de la protection des IG européennes sur la scène internationale, à l'image d'une « toile d'araignée », renforçant ainsi la position de l'UE en tant que puissance normative en la matière. La thèse conclut que cette dynamique, que l'on peut qualifier d'intersubjectiviste, constitue aujourd'hui l'instrument le plus efficace pour assurer la protection de certaines IG européennes au-delà des frontières de l'UE, en dépit de ses limites.